Édition 2019

Notre festival Le documentaire engagé dans les Amériques constitue une première collaboration entre l’Institut des Amériques (IdA) et le cinéma Le Studio à Aubervilliers. Il marque, à l’occasion du congrès inaugural de l’IdA dans ses nouveaux locaux du Campus Condorcet à Aubervilliers, une volonté de s’ouvrir au territoire sur lequel il est implanté et d’établir des relations fructueuses avec les acteurs culturels locaux.

Un groupe de doctorant.e.s, appartenant aux universités affiliées à l’IDA, a contribué à la sélection des films, à l’organisation du festival et compose, avec des enseignantes chercheuses et des professionnels, un jury qui remettra un prix au documentaire élu.

Nous avons souhaité que la programmation du festival, qui couvre les différentes aires géographiques des Amériques, offre un panorama de films documentaires de création récents – huit long métrages et trois courts métrages –. Notre choix, en effet, pour cette première édition, a été de nous intéresser à un cinéma du réel engagé, non univoque, qui met en lumière les dysfonctionnements de nos sociétés, mais évoque, montre ou propose également des chemins de résilience dans un monde contemporain aux prises avec l’imminence de la catastrophe.

Parmi les huit longs métrages sélectionnés, certains ont été réalisés par des vétérans du film documentaires, tels Le grain et l’ivraie de Fernando Solanas, In Jackson Heights de Frederick Wiseman ou La cordillère des songes de Patricio Guzmán. Batallas íntimas de Lucía Gajá, La fin des terres de Loïc Darses ou O processo de Maria Ramos n’ont pas encore été distribués en France et la programmation constitue une occasion pour les spectateurs de pouvoir accéder à ces points de vue, à des voix d’auteur.e.s singulières et engagées. Ces documentaires alertent sur l’urgence écologique, prônent le multiculturalisme et le rôle de la société civile, évoquent le poids du passé dictatorial toujours présent, dénoncent les violences de genre, proposent une réflexion sur l’identité culturelle ou révèlent la précarité de la démocratie. Leur engagement passe par des choix narratifs et esthétiques forts qui mettent au jour les problématiques abordées à travers des oeuvres de cinéma : le documentaire, c’est du cinéma !

Afin de compléter la sélection de longs métrages, nous avons également souhaité établir une programmation de trois courts métrages, dont le choix a été entièrement effectué par les doctorant.e.s qui se chargeront également de leurs présentations et de l’animation des débats avec le public, en présence de certains membres des équipes de réalisation. Il s’agit de courts métrages dont la production a été soutenue par l’association Cinéma 93, autre partenaire du festival très actif en Seine-Saint-Denis. Ces courts métrages – Horse Day de Mohamed Bourouissa, Ici de Cayetano Espinosa et Sol negro de Laura Huertas Millán – portent également sur les Amériques, des États-Unis à la Colombie en passant par le Pérou.

Pendant la semaine du festival, des professionnels ou des spécialistes de cinéma et des aires concernés ainsi que des associations seront présent.e.s à chaque séance pour présenter et animer les débats en compagnie des doctorants et des organisatrices.

Une projection suivie d’un atelier de formation destinée aux enseignant.e.s du secondaire de Seine-Saint-Denis a été programmé le mercredi 9 octobre en présence de la réalisatrice mexicaine Lucía Gajá, l’invitée d’honneur de notre festival. La projection sera ouverte au public scolaire d’Aubervilliers et le film pourra être vu par tous le soir à 20h. La cinéaste participera à une table ronde le 7 octobre sur les violences faites aux femmes et donnera une conférence sur sa démarche cinématographique le 12 octobre au matin, à Sorbonne Université.

Ce festival sera aussi l’occasion d’un partenariat avec le Festival Villes des musiques du monde dont le thème de l’édition 2019 est Les Amériques. Plusieurs événements musicaux accompagneront les différentes projections.

Cette première édition réunira universitaires, doctorants, enseignants du secondaire et habitants de Seine-Saint-Denis dans une réflexion commune sur les enjeux de notre temps au cinéma Le Studio. Nous souhaitons bien sûr que cette manifestation puisse se pérenniser à l’occasion des futurs Congrès de l’IDA.

Marianne Bloch-Robin et Véronique Pugibet

Programme

L’équipe 2019

Marianne Bloch-Robin

Marianne Bloch-Robin est Maîtresse de conférences à l’UFR d’Études Ibériques et Ibéro-américaines de Sorbonne Université. Spécialiste de cinéma espagnol et latino-américain, sa recherche porte principalement sur le rôle de la musique au cinéma, mais elle s’intéresse également à l’espace filmique et à la ville au cinéma. Elle travaille également sur la mémoire, l’histoire et le cinéma, les représentations filmiques de la femme et sur le genre dans les films de fiction et les documentaires. Elle est l’auteur de nombreux articles et de chapitres d’ouvrages sur le cinéma espagnol et latino-américain et a publié, en 2018, une monographie intitulée Carlos Saura. Paroles et musique au cinéma, aux Presses Universitaires du Septentrion.

Véronique Pugibet

Maître de conférences, à l’INSPE de l’Académie de Paris, Sorbonne Université, membre du CRIMIC -Arts Visuels-, (EA 2561). Elle a longtemps travaillé sur l’iconographie présente dans les manuels scolaires d’espagnol en France (construction d’une représentation de l’hispanité, représentation du corps, des femmes, d’événements historiques…) et la transmission du cinéma à l’École. Puis sa recherche s’est orientée vers les cinémas d’Amérique latine (Mexique-Chili). Elle s’intéresse tant aux films de fiction qu’aux documentaires mexicains, à la question du genre et des stéréotypes culturels ainsi qu’à la représentation de l’espace urbain et de la ville au cinéma. Elle a publié différents articles et participé à des ouvrages collectifs.

Angélique Saverino

Institut des Amériques

Suite à une formation en direction de projets culturels à l’université Sorbonne Nouvelle, j’ai travaillé à l’Institut français d’Afrique du sud puis à l’Alliance française de Bogotá. En 2018, j’ai rejoint l’équipe de l’Institut des Amériques.

Ma rentrée 2018-19 s’annonce très cinéphile, partagée entre Le documentaire engagé dans les Amériques et le cycle L’Inalco fait son cinéma qui met à l’honneur le cinéma en langues autochtones du continent américain.

Les doctorant.e.s

Laura CAHIER

Doctorante contractuelle (1ère année/Institut des Amériques), Aix-Marseille Université (ED67), Droit public, Etats-Unis et Guatemala

Au-delà d’une expérience dans la création d’un documentaire sur les droits des femmes autochtones, l’une des raisons manifestes de mon intérêt pour le Festival de cinéma IdA 2019 repose sur les espoirs que je place dans le documentaire engagé. Je perçois ce dernier comme un puissant medium, capable de questionner les enjeux de société contemporains et de rendre visible la résilience de celles et ceux qui sont les actrices et acteurs du changement. 

Johanna CARVAJAL GONZALEZ

Doctorante, Centre Aixois d’études romanes (CAER), Aix-Marseille Université, Études latino-américains, Amérique latine (Colombie). En cotutelle avec l’Université d’Antioquia (Medellín, Colombie)

Passionnée d’art en général, je reconnais au langage du cinéma documentaire, une qualité particulière à pouvoir transmettre avec force des messages engagés, dans la spécificité des choix esthétiques de chaque réalisateur. Ma contribution à l’analyse des films est en résonance avec les expériences que je développe sur ma manière d’interroger le réel à travers des récits de vie, qu’ils soient intimes ou collectifs, culturels ou politiques.

Maud CAZAUX

Doctorante, UT2J Toulouse, laboratoire ALLPH@, Art, Cinéma

Ce festival est l’occasion de découvrir et d’échanger autour de documentaires qui tentent de faire émerger une parole opprimée.  C’est aussi une opportunité pour réinvestir mon domaine de recherche et construire un échange interdisciplinaire autour de la thématique du militantisme et du documentaire.

Pascale EL DIB

Doctorante – Université Montpellier 3 – UMPV

Histoire contemporaine – Sujet de thèse : la politique étrangère des Etats-Unis vis-à-vis de l’Irak 1989-2005) sous la direction de M. Antoine Coppolani- Montpellier 3 et M.Pierre Razoux- (IRSEM – L’Ecole Militaire- Paris)

Consultante  en négociations et politiques environnementales et experte en dialogue entre les parties prenantes sur la gestion des ressources naturelles. Intéressée par la recherche  sur les  Etats-Unis  surtout concernant la science politique et les relations internationales, je trouve qu’il est important d’approfondir mes connaissances dans différents domaines concernant ce pays en particulier et le continent américain en général.

Eva-Rosa FERRAND VERDEJO

Doctorante en Études Hispaniques, et en particulier en études filmiques latinoaméricaines, à l’Université de Cergy Pontoise, sous la direction de Mme Julie Amiot.

Ma thèse porte sur la représentation de la dictature d’Augusto Pinochet dans les films réalisés en démocratie par les réalisateurs nés pendant la dictature. Ce travail me mène à étudier à la fois de longs-métrages de fiction et documentaires, parmi lesquels beaucoup sont engagés politiquement.

Alice LANGLOIS

Cerma /Ehess

Doctorat Anthropologie – Amérique du Sud (Pérou) – Directrice Carmen Salazar Soler

Le cinéma (fiction et documentaire) permet d’échanger autour des multiples réalités américaines . Dans le cadre du colloque, le festival de cinéma est une façon de créer du lien social entre chercheurs, étudiants et citoyens pour réfléchir et transmettre l’idée de résilience, ouvrir le champs des possibles  notamment à de plus jeunes citoyens. Cette dynamique me tient personnellement à cœur au vu de l’expérience que j’ai eu au Pérou lors de mon travail de terrain.

Elcira LEYVA QUINTERO

Etudiante Licence 3 Cinéma Et Audiovisuel (Université Sorbonne Nouvelle Paris III) – Préparation de thèse sous la direction de Mme AMIOT-GUILLOUET

Université Cergy-Pontoise

Discipline: Études Culturelles- Arts Visuelles (Études filmiques)

Aire culturelle: Études Hispaniques- de l’Amérique Latine

La thématique proposée par le festival est très proche de mon thème de recherche et cette expérience me donne l’opportunité immense d’articuler mon travail académique à un environnement plus pratique et de construire des liens autour de la production cinématographique engagée.

Caio NAREZZI

Doctorant en cotutelle à l’Université de Montréal et l’Université Lumière Lyon 2 en Études Cinématographiques.

Pour le Festival de cinéma d’IdA, en tant que brésilien, la problématique de l’engagement est brûlante. Les festivals de cinéma sont de plus en plus importants pour un film. Ils nous offrent une façon de découvrir un nouveau cinéma et une nouvelle façon de parler des questions puissantes dans notre société actuelle.

Tania ROMERO BARRIOS

Doctorante contractuelle en Études Hispaniques, spécialité Études de Genre à l’Université Paris VIII Vincennes – Saint-Denis et étudiante en DLC de Quechua à l’INALCO. Rattachée au Laboratoire d’Études Romanes (EA 4385) et à l’École Doctorale 31, Pratiques et Théories du Sens.

Aire culturelle : Amérique latine, les Andes.

Passionnée de cinéma, je me suis investie de longue date dans la diffusion et la recherche sur le cinéma latino-américain. Travaillant dans les locaux de l’IdA depuis début 2018, j’ai aussi pu m’intéresser aux domaines d’activités de l’Institut et je suis ravie de pouvoir m’investir dans un de ses projets, en faisant partie du jury étudiant et en contribuant à l’organisation du festival.

Michelle SALORD

Doctorante et coordinatrice du pôle Mexique, Université Paris Diderot – URMIS, Institut des Amériques, CEMCA; anthropologie, Mexique.

Après une formation classique en socio-anthropologie, j’ai suivi une formation en anthropologie visuelle qui m’a préparé à la réalisation documentaire et aux dispositifs légers de tournage. Cela m’a amenée à réaliser un premier long métrage documentaire et à mettre en place un dispositif visuel dans ma recherche doctorale. De plus, j’ai travaillé au Festival International Jean Rouch où je suis membre du jury depuis 2016. Faire partie du festival de cinéma de l’IdA est un vrai plaisir dans la mesure où je considère le cinéma comme un vecteur de communication entre la société et la recherche ainsi que comme un véritable outil de création.

Héloïse VAN APPELGHELM

Doctorante contractuelle, Université Paris III – Sorbonne Nouvelle (ED 267 – Arts et Médias), Cinéma et Audiovisuel, Aire culturelle : Etats-Unis.

Ma thèse portant sur l’émancipation des femmes dans les road movies, je privilégie une approche intersectionnelle de plusieurs thématiques contemporaines (représentations des femmes, des Africains-Américains, des minorités ethniques et sexuelles) dans un cadre géographique, historique et culturel états-unien. Découvrir et échanger autour de différents documentaires engagés est le moyen de porter des problématiques sociétales et politiques spécifiques aux cultural & gender studies au-delà du monde de la recherche.

Bande-annonce

Montage : Alice Langlois et Maud Cazaux