« Horseday » de Mohamed Bourouissa (États-Unis)

Horseday, de Mohamed Bourouissa, sera projeté lors de la soirée courts-métrages proposée dans le cadre du Festival Le Cinéma Documentaire Engagé dans les Amériques. Cette soirée aura lieu le jeudi 10 octobre 2019, à partir de 20h00 au cinéma Le Studio à Aubervilliers et elle se composera de la projection de trois courts métrages : Ici (Cayetano Espinosa, 2017), Horseday (Mohamed Bourouissa, 2014)et Sol Negro (Laura Huertas Millán, 2016). La projection se fera en présence de la réalisatrice de Sol Negro, Laura Huertas Millán et de l’association Cinémas 93.

Article préparé par Alice Langlois

Photogramme extrait de « Horseday » de Mohamed Bourouissa

Mohamed Bourouissa est un artiste plasticien et photographe connu pour ses œuvres souvent tirées de réalités socio-territoriales qu’il retravaille sous la forme de mythes urbains contemporains[1]. Se nourrissant à la fois d’une histoire de l’art considérée comme dominante ainsi que des réalités des sociétés subalternes, l’artiste crée « des allégories sensibles », comme expériences interculturelles. Dans le court métrage Horse day, projeté au cinéma Le Studio à  Aubervilliers, Mohamed Bourouissa partage avec le spectateur une expérience vécue avec une partie des habitants de Philadelphie. Dans le court métrage qui évoque cette rencontre entre lui et eux, le spectateur se fait à son tour témoin, d’une part, des réalités de jeunes afro-américains du quartier de Strawberry Mansion et, d’autre part, de l’ouverture d’un champs des possibles grâce à cette expérience collective. En ce sens Horse day est un documentaire engagé.

Photogramme extrait de « Horseday » de Mohamed Bourouissa

Ces jeunes invisibilisés créent leurs territorialités en donnant une nouvelle vie aux écuries de Fletcher Street : ils rachètent des chevaux destinés à l’équarrissage. Mohamed Bourouissa a découvert ce phénomène social à travers le travail de Martha Camarillo qui a photographié les écuries. Il a alors décidé de s’immerger dans ces zones urbaines en marge et de construire un évènement culturel qui joue avec les clichés et stéréotypes circulant sur et autour de ces lieux. En choisissant de filmer cette expérience, Mohamed Bourouissa interroge à son tour les liens qui se tissent à plusieurs échelles de la ville. Il construit ainsi un documentaire socio-artistique qui a la forme « d’un Western expérimental où des cowboys afro-américains[2] » paradent le temps d’un concours de beauté équin.

Ainsi,  Mohamed Bourouissa raconte les tensions de l’Amérique contemporaine.

En effet, à Philadelphie, connue pour être la ville des lumières américaines, les populations afro-américaines, venues s’installer pour fuir la ségrégation raciale à la fin du XVIIIe siècle, sont encore  marginalisées. Le regard du réalisateur renverse ainsi le mythe des colons, des cowboys et des indiens et met en scène la réappropriation de ce mythe par une partie des populations afro-américaines, dans le cœur historique d’une ville tiraillée entre des processus de ghettoïsation et de gentrification.


[1] Dossier pédagogique, Mohamed Bourouissa, Musée d’art moderne de Paris, janvier 2018.

[2] https://blogs.mediapart.fr/guillaume-lasserre/blog/230218/mohamed-bourouissa-souvenirs-dun-jour-de-parade

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